31 janvier 2009
Un été à Valence - Joaquin Sorolla, 1909
Les tableaux sont alignés côte à côte comme des militaires en parade.
Je me suis introduite dans l’atelier en son absence.
Papa exa
gère ! Ce sont des enfants…
Toute cette nudité qui s’étalait sur les plages en ce début de 20ème siècle me dérangeait... Les bienfaits supposés de l’eau de mer et du soleil… Auparavant, on se cachait. Le soleil avait mauvaise réputation. Il hâlait la peau et faisait ressembler à ces paysans noirauds qui travaillaient dans les champs. Aujourd’hui, on montre tout… ou presque. Les toutes jeunes filles portent des tuniques qui ressemblent à des chemises de nuit. Pouah ! Les femmes entrent dans l’eau revêtues d’un curieux pantalon descendant à mi-cuisse et d’un corsage échancré qui ne cache rien. Certaines se contentent de soulever délicatement une robe légère courte dévoilant une curieuse culotte bouffante et de se mouiller jusqu’aux genoux.
Quelle allure elles ont ! Pour les hommes, ce n’est guère mieux avec leurs costumes à manches longues s’arrêtant aux mollets. Parfois, un simple caleçon en coton moulant les fait ressembler à d’étranges crapauds malingres ou bedonnants.
J. Sorolla – Après la baignade, 1908, The Hispanic Society of America, New York
Moi, sur la plage, je suis toujours habillée en Lady… Il est hors de question que je m’exhibe de cette façon ! J’aurais trop honte… Maman nous a d’ailleurs interdit, moi et ma sœur Elena, de porter ces accoutrements débiles.
Sur chaque toile le motif est le même : des jeunes garçons et fillettes complètement nus ou des adolescentes vêtues de tuniques pour le bain.
Joaquin Sorolla – Après la baignade, Valence, 1909, Musée Sorolla, Madrid
J’observe deux jeunes filles se changeant après la baignade dans la pénombre protectrice de tentes en toile secouées par la brise marine. Je les reconnais. Des amies… L’une, en tunique rose, déjà rhabillée, sourit en délaçant sa coiffure. Le tissu beige encore mouillé moule impudiquement le corps de l’autre. Mes 19 ans récents et ma minceur m’auraient permis de poser à la place de l’une d’entre elles. J’avais déjà prévenu mon père : « Je ne porterai pas ces tuniques collantes qui dévoilent nos formes. C’est plus indécent que d’être nue ! As-tu remarqué le jeu préféré des garçons sur la plage : lorgner les filles sortant de l’eau ainsi vêtues. C’est dégoûtant ! ».
J. Sorolla – Avant la baignade, 1909, collection particulière J. Sorolla – Le petit Cotre, 1909, Musée Sorolla, Madrid
Quel âge peut avoir cette gamine ? Plus jeune qu’Elena, certainement ? 8 ans… 10 ans… Elle n’a pas encore de poitrine ? Papa l’a représentée assise sur un banc, ses vêtements déposés à côté d’elle. Elle se noue les cheveux en arrière avant d’aller se baigner. Un regard effronté… Derrière elle, la mer éclabousse… Un garçonnet nu pousse un bateau blanc secoué par les vagues. Le soleil couchant allonge son ombre orangée indéfiniment.
Joaquin Sorolla – L’heure de la baignade, 1909, Musée Sorolla, Madrid
Une adolescente blonde vêtue d’une tunique rose bat des bras, sorte de goéland en déséquilibre. A-t-elle peur des vagues ? Le froid ? Derrière elle, une ombrelle portée par une femme tenant un enfant dans ses bras, la protège des rayons solaires forts à cette heure de la journée. Les personnages sont représentés de près, en légère contre-plongée, comme sur les photos que maman prend avec son nouvel appareil. Ces couleurs…
Père est un grand artiste. Je l’ai toujours vu peindre. Petite, je restais des heures à le regarder. Le parfum dégagé par ses tubes de couleurs huileuses envahissait la maison. Lorsqu’il peignait, il ne voyait plus personne. Toute son intelligence était tendue vers la création. Parfois, il m’emmenait dans des expositions. Ainsi, je pouvais le comparer aux autres. Pour moi, aucun doute, c’était lui le meilleur !
En janvier de cette année 1909, nous avons traversé l’atlantique pour la première fois. New York, nous en rêvions ! Maman et mon frère Joaquin voulaient tout voir, tout connaître de cette Amérique si lointaine. Père avait été invité par une association d’espagnols d’Amérique à participer à une grande exposition New-Yorkaise. Un triomphe ! Emportée par son succès, l’exposition se poursuivit à Buffalo et Boston. Nous ne rentrâmes à Valence que début mai. La moitié des 350 œuvres présentées avaient été vendues à bon prix. D’un coup, nous étions devenus riches. Au retour, ce fut la fête. Papa ne cessait de nous faire des cadeaux. « Economise ton argent Joaquin, lui disait maman. Ton succès peut ne pas durer. » Il ne l’écoutait pas et nous offrait des robes, des chapeaux, des choses inutiles qu’il faisait venir directement de Paris. « Je vous aime, profitez-en, répondait-il en nous soulevant en l’air. »
La lumière automnale éclaire de biais la verrière surplombant l’atelier. Cette douce clarté s'accroche sur les toiles et fait exploser les tonalités bleus, jaunes, roses…
Papa a peint comme si c’était son dernier été… Etait-ce la lumière, le temps estival, les odeurs marines ? Je ne l’avais jamais vu dans cet état. L’été avait été magnifique. Il passait l’essentiel de ses journées sur la plage d’El Cabanal proche de notre demeure. Les corps juvéniles des enfants et adolescents l’obsédaient. Nostalgie de jeunesse ? Il avait fêté ses 46 ans cette année. Souvenir de ses premiers émois amoureux ? Je savais que dans son enfance il venait souvent sur cette plage avec ses copains : « Mon corps musclé, doré comme une brioche, et mon visage d’éphèbe grec séduisaient toutes les gamines de mon âge, me disait-il en riant, fier de lui. »
J’allais souvent le regarder travailler. Tous les après-midi, il partait tôt, posait son chevalet sur le sable non loin de l’eau et se mettait à peindre. Les grandes toiles qu’il utilisait l’obligeaient à garder la tête en l’air constamment et son canotier ne suffisait pas à le protéger des rayons du soleil qui lui brûlaient la peau. En l’espace de trois mois, son visage était passé du rouge vermillon au cramoisi foncé. Le soir, il rentrait fourbu, son lourd matériel sur le dos. Son regard irradiait encore de plaisir.
J’avais observé son manège pour se trouver des modèles parmi les enfants qui couraient sur la plage. Il avait la manière. Curieux, ceux-ci s’approchaient de lui pour le regarder peindre. Il leur offrait des friandises et leur parlait gentiment en montrant ses toiles. Il savait raconter ses tableaux. En quelques jours, les enfants étaient devenus ses amis. Ils acceptaient de poser une heure ou deux. Parfois, il les croquait à la volée, sans se faire remarquer, sa présence faisant désormais partie du décor.
Je me dirige vers l’œuvre que je préfère, réalisée le mois dernier. Père l’a séparée des autres dans un coin de l’atelier. Il ne me l'avait montrée qu'une fois, non terminée.
Je me souviens…
Ce jour là, la matinée avait été pluvieuse puis, soudainement, comme souvent en bord de mer, les nuages s’étaient éloignés.
- Aujourd’hui, c’est votre journée, avait lancé papa gaiement !
Maman l’avait regardé.
- Tu ne vas pas à la plage ?
- Non ! J’ai envie de peindre de vraies femmes… des jolies femmes… mes femmes… élégantes…
Son œil brillait en nous regardant.
- Faites-vous belles, toi et Maria, avait-il dit ! Enfilez les robes blanches que je vous ai offertes récemment. Prenez vos chapeaux de paille, l’astre solaire cogne à cette heure. Je veux peindre mes femmes avec la peau aussi blanche que leurs robes.
Il était parti précipitamment chercher son matériel. « Clotilde, n’oublie pas ton ombrelle, avait-il hurlé à maman ! Pressez-vous que j’ai le temps de travailler avant la tombée du jour ! »
Habillées en toute hâte, nous nous étions dirigées à pied vers le bord de mer en contrebas de la ville.
Joaquin Sorolla – Promenade au bord de la mer, 1909, Musée Sorolla, Madrid
La toile immense nous représente en pied. J’avance devant maman le chapeau à la main. Le soleil couchant éclaire mon visage de trois quarts. Le vent souffle et soulève les tulles de ma robe. Maman agrippe fermement le voile de son chapeau. Son ombrelle s’échappe. C’est le plus beau portrait que papa ait fait de moi, pensai-je flattée ?
L’ocre de la plage et le bleu de la mer accentuent, par contraste, la blancheur de nos robes. J’imagine des voiliers, grands albatros blancs volant dans la lumière… Papa a posé des touches d’amour sur cette toile, pensai-je. J’aimerais la garder…
Je m’apprête à sortir. Près de la porte, deux fillettes retiennent mon attention. J'avais déjà remarqué ces soeurs sur la plage, la petite toujours accrochée à la tunique de la grande.

Joaquin Sorolla – Les deux sœurs, 1909, The Art Institute of Chicago
L'aînée, vêtue d’une tunique jaunie par le soleil se protége de celui-ci avec l’avant bras. Son visage rouge orangé sourit à mon père. Sa petite soeur, dont la tunique bleue est remontée sur son buste, lui donne la main. Je distingue mal ce qu'elle tient de l'autre main... un ballon ?
Père est génial, pensai-je ! Ses pinceaux illuminent tout ! Il attire la lumière, la capture à la façon d’une chambre photographique et la restitue avec une force incroyable.
La chaleur du soleil qui écrasait les fillettes me pénétrait. Des gouttes lumineuses dansaient sur la toile…
La voix de maman raisonne dans l’escalier :
- Maria ne traîne pas dans l’atelier de ton père ! Tu sais bien qu’il n’aime pas ça ! Il ne va pas tarder à rentrer.
- J’arrive, dis-je joyeusement en claquant la porte derrière moi ! Que nous as-tu préparé de bon pour dîner ce soir ?
Alain
14:57 Publié dans Histoires de peinture (17) | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : peinture, écriture, sorolla


Commentaires
Merci Alain de m'avoir fait découvrir ce peintre d'une superbe élégance dans le trait!!! Quelle légèreté avec respect et gaité!! BISOUS FAN
Ecrit par : FAN | 01 février 2009
Répondre à ce commentaireMoi aussi j’ai découvert ce peintre il y a 2 ans en allant à l’exposition parisienne Sargent/Sorolla, un américain et un espagnol, amis et proches dans leur façon de s’exprimer.
Sorolla n’est pas très éloigné des impressionnistes par la lumière et la couleur, tout en gardant sa propre personnalité.
J’ai tellement aimé cette série de jeunes baigneurs que je souhaitais les montrer. Le peintre caresse les corps de vibrations lumineuses. C’est beau tout simplement.
Merci de ta visite Fan.
Ecrit par : Alain | 02 février 2009
Répondre à ce commentaireQue voilà une découverte intéressante, picturalement parlant; et moralement parlant en ces moments de neige, de gel, de verglas et de vents piquants où nous rappeler que l'été existe est vraiment bienvenu.
Mais j'avoue que ne m'eût pas déplu de retrouver le même soleil, à Auvers, avec les yeux de Vincent ...
Ecrit par : Richard LEJEUNE | 02 février 2009
Répondre à ce commentaireJ’ai fait une parenthèse pour te présenter la lumineuse beauté des femmes de Sorolla. Cela valait la peine…
Ne t’inquiète pas, Vincent ne nous a pas oublié et a accepté ce petit intermède. Il y a aussi du soleil à Auvers et dans sa tête. Il va peindre de grandes choses.
Ecrit par : Alain | 02 février 2009
Répondre à ce commentaireBonjour Alain,
Merci de m'avoir enfin fait comprendre la technique de l'eau forte ! et connaître ce peintre Sorolla. Que de légèreté et de soleil doux (la neige ne nous a pas épargnés cette année un peu de chaleur fait du bien !). Pardon de revenir un peu en arrière, mais je suivais Vincent "de loin" ces derniers temps. Les deux tableaux étaient bien à l'exposition Van Gogh/Monticelli à la Vieille Charité de MARSEILLE. Le rapprochement de ces deux immenses artistes était émouvant à mes yeux car ils ne se sont jamais rencontrés et étaient enfin réunis. Ils partageaient une même exposition, mélangeaient leurs œuvres. Ces dernières étaient accrochées côte à côte pour mieux en apprécier les similitudes. Vincent aurait été fier et heureux de voir çà ! Son admiration est palpable. Bien que Van Gogh ait sa propre touche, sa propre vision des choses on pouvait retrouver, à mon avis, l'un dans l'autre (ou bien est-ce parce que l'on connait justement cette admiration ?). Des enfants étaient là et jouaient à reconnaître lequel était un Van Gogh, lequel un Monticelli. C'était amusant de les voir faire. J'ai trouvé cette exposition "intime". L'ambiance qu'il y régnait était presque un recueillement. Chacun avait conscience, je crois, du sens de cette exposition. Voilà comment j'ai ressenti cette expo. Un très bon moment que je n'oublierai pas. Pardon pour la longueur mais le sujet me passionne tant !
Encore merci et à bientôt, amicalement,
Marie Claude
Ecrit par : Marie Claude | 02 février 2009
Répondre à ce commentaireJe ne connaissais pas Joaquin Sorolla, c'est l'avantage de surfer et s'instruire. J'ai lu que ce peintre a été apprécié en France puisque deux fois décoré de la légion d'honneur.
Et je suis d'accord avec Richard, cet article nous offre une échappée en ces temps de froidure hivernale.
Ecrit par : Louvre-passion | 02 février 2009
Répondre à ce commentaireIl y a longtemps que je connaissais ce peintre, mais agrémenté par votre verve, c'est magnifique.
Merci Alain pour tout ce que vous nous donnez à lire, c'est toujours passionnant.
Amicalement
Ecrit par : colette | 03 février 2009
Répondre à ce commentaireRéponse à Marie Claude :
Hello ! Merci de votre description chaleureuse de l’expo récente Van Gogh/Monticelli de Marseille. Il y avait de la passion dans vos lignes.
J’ai la réponse à mon interrogation. Ouf, les deux toiles que j’ai montrées étaient bien présentes !
Quelle meilleure méthode pour faire connaître et comprendre les œuvres aux enfants que de permettre ce jeu de comparaison. Les enfants s’amusent et les parents expliquent.
Monticelli était un ami par la pensée et un des modèles de Vincent. Il aurait effectivement été fier de cette confrontation.
Vivement le printemps. Je n’en peu plus… Dire que vous croulez sous le mimosa !
Ecrit par : Alain | 03 février 2009
Répondre à ce commentaireRéponse à Louvre-passion :
C’est vrai que le soleil espagnol de cet été 1909 fait du bien en cette période glaciale !
La toile de Sorolla la plus connue en France est au Musée d’Orsay : « Le retour de la pêche » pour laquelle il obtint une médaille d’or à l’exposition universelle de Paris en 1900. On ne risque pas de la louper à Orsay, sa dimension imposante et la lumière qu’elle dégage aimantent le regard.
Ecrit par : Alain | 03 février 2009
Répondre à ce commentaireRéponse à Colette :
J’adore ce peintre de grand talent qui malheureusement, avec son ami Sargent, n’est pas assez connu en France.
S’il n’y avait pas eu cette expo il y a deux ans, il serait ignoré. Peut-être l’avez-vous vue au Petit Palais à Paris ? Son catalogue « Sargent/Sorolla » est superbe.
Ecrit par : Alain | 03 février 2009
Répondre à ce commentaireBon, tu es au courant que je l'aime bien celui-ci aussi (et moi, j'avais vu son tableau de pêcheurs à Orsay hé, hé)
C'est dingue toute cette lumière ! Et le pire c'est que j'aime deux peintres aux antipodes question luminosité justement... Sorolla et... Rembrandt... Le Nord, le sud, j'ai dû inconsciemment chercher mes points de repères dans l'espace...
Je retourne lire encore une fois l'article (je fais deux lectures automatiquement sais pas pourquoi... )
Bonne continuation mon grand !
Ecrit par : sieglind la dragonne | 03 mars 2009
Répondre à ce commentaireJe savais que tu avais vu le tableau d’Orsay « Le retour de la pêche » où la lumière explose. Je pense que les tableaux d’adolescents à la plage que je montre devraient te plaire également.
Sorolla et Rembrandt ne sont pas vraiment aux antipodes question luminosité. Sorolla se rapproche des impressionnistes dans une peinture de plein air. Rembrandt s’exprime dans des clairs-obscurs où la lumière est plus diffuse mais tellement belle.
Ecrit par : Alain | 03 mars 2009
Répondre à ce commentaireJ'adore Sorolla !
Comme vous, Alain, j'ai eu la chance de voir l'expo au Petit Palais, il y a deux ans ... une merveille. J'avais déjà vu des toiles de Sargent à Giverny (tout comme celles de la merveilleuse Mary Cassatt), mais de Sorolla je savais peu, hormis cette toile du musée d'Orsay et quelques photos dans des livres, je n'avais rien vu. Le titre de l'expo était entièrement justifié : Peintres de lumière ...
Je retrouve donc avec un plaisir tout particulier ces petits baigneurs et surtout baigneuses et la magnifique toile de Madame Sorolla et de sa fille (on pense quand même à la femme en blanc, avec son ombrelle, que Monet a peint à plusieurs reprises, même si le décor n'est pas le même).
Merci pour cette charmante promenade espagnole et estivale, Alain !!!
Ecrit par : sunny | 08 mars 2009
Répondre à ce commentaireLumière et jouissance des couleurs, c’est ce qui caractérise le mieux Sorolla.
Cet été 1909 lui inspira des toiles réellement impressionnistes que vous avez pu apprécier également à l’expo du Petit Palais à Paris.
C’est vrai qu’il y a une ressemblance avec les toiles de Monet dans ses femmes peintes en bord de mer. Le blanc des robes éclabousse le tableau, le vent secoue les tulles, les chapeaux, les ombrelles. Une des plus belle toile du peintre…
A propos de Giverny, le Musée d’Art Américain devient cet année 2009 le Musée des Impressionnistes de Giverny. La première exposition aura lieu du 1er mai au 15 août 2009 : le jardin de Monet à Giverny – L’invention d’un paysage. Elle sera entièrement consacrée au jardin de Giverny. A ne pas manquer.
Encore mes compliments pour votre magnifique poème consacré aux femmes, Sunny ! Je me permets de le publier sur mon blog ce jour. Je pense que vous ne m'en voudrez pas.
Ecrit par : Alain | 09 mars 2009
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