15 janvier 2010

VAN GOGH A AUVERS - 24. Cité Pigalle

 

  

 

Suite...

 

Lundi 7 juillet 1890.  

 

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Vincent Van Gogh – Champ sous un ciel orageux, juillet 1890, Van Gogh Museum, Amsterdam

 

       Le ciel tourmenté prend les deux tiers de la toile que j'achève. Je ne me suis pas gêné pour exprimer de la tristesse...

      En cette fin d'après-midi, le soleil déclinant lèche d'une teinte citron vert le champ bordant l'horizon juste sous les nuages moutonneux situés sur la gauche de la toile.

      Le motif est simple : une immense plaine jaune verdâtre parcourue de parcelles de blés et autres cultures céréalières. Au premier plan quelques pommes de terre fleurissent.

      Un sentiment d'infini...

      Je n'arrive pas à me concentrer sur mon travail. Mon esprit tourmenté ressasse les images de la veille qui s'accumulent dans mes pensées.

      Mon crâne va éclater...

 

     

      « Prends le premier train et viens passer la journée de dimanche avec nous, m'avait écrit Théo dans sa dernière lettre. Reste chez nous autant que tu le voudras. Je pense que tu seras heureux de revoir des amis à toi que j'ai invités pour déjeuner. »

       J'avais reçu son courrier le samedi. Ma valise fut rapidement faite en prévision d'un séjour prolongé. Le train pour Paris m'emporta tôt hier matin. Je me faisais une joie de revoir le bébé Vincent Willem. Théo m'avait rassuré sur sa santé qui s'améliorait.

      La matinée avait bien commencé...

       Nous ne restâmes pas Cité Pigalle. Juste le temps d'embrasser Jo. Le bébé dormait encore.

      En quitpère tanguy.jpgtant l'appartement, Théo me conduisit directement dans la boutique de la rue Clauzel chez mon vieux copain Tanguy.

      Celui-là, il n'avait pas changé ! Mes toiles et celles d'autres peintres s'empilaient de façon anarchique. Un vrai bazar ! J'eus beau rouspéter, Tanguy m'opposa son sourire affable habituel : « Où veux-tu que je mette tes peintures, Vincent ! Tu sais bien que je manque de place. » Je m'étais dit qu'il fallait absolument que je trouve un abri pour entreposer mes toiles qui s'abîmeraient moins que dans ce trou à punaises. Néanmoins, ce fut un vrai plaisir de revoir cet homme que j'aimais et que j'avais peint trois fois en 1887 en arrivant à Paris. Je savais tout ce que je lui devais depuis mes années parisiennes où il me rendait souvent service en me fournissant du matériel de peinture.

 

V. Van Gogh – Portrait du Père Tanguy, 1887, collection particulière

      Nous passâmes ensuite chez un brocanteur où Théo me fit admirer un bouddha japonais.

      Notre dernière visite matinale fut pour l'atelier de l'ami Toulouse-Lautrec du 27 rue Caulaincourt. Je n'avais plus fréquenté son atelier depuis nos réunions d'artistes hebdomadaires d'autrefois. Avant de nous y rendre, Théo m'avait dit : « J'ai vu au récent Salon des Indépendants une de ses dernières toiles. Un vrai plaisir... »

      Jegoulue-MH.jpg n'avais pas revu Lautrec depuis mon départ en Provence. A l'époque, c'est lui qui m'avait incité à partir pour le midi : « Les couleurs de cette régionmlle_marie_dihau_at_the_piano_1890.jpg t'enchanteront. Tu vas réaliser de grandes choses là bas. » En entrant dans l'atelier, j'embrassai vigoureusement mon ami. Il avait vieilli. L'alcool et les femmes sans doute... Il avait dû être tenu au courant par mon frère de mes problèmes de santé en Provence, mais il n'en parla pas.

      Je lui fis compliment de sa toile Mademoiselle Dihau au piano dont Théo m'avait parlé. Le talent du peintre était toujours aussi sûr. Je savais qu'il était très demandé par le Moulin Rouge et d'autres cabarets pour ses affiches et caricatures auxquelles il excellait.

 

H. de Toulouse-Lautrec – Moulin Rouge : La Goulue, 1891, collection privée

 

                                    H. de Toulouse-Lautrec - Mademoiselle Dihau au piano, 1890, Musée Toulouse-Lautrec, Albi

      Théo avait invité Lautrec à déjeuner. Nous retournâmes tous les trois vers la Cité Pigalle.

 

      

      Un coup de vent... Je recale mon chevalet qui menace de s'écrouler.

      J'attrape le pinceau imbibé de blanc qui m'a servi pour les nuages et recouvre  les pommes de terre vert outremer du premier plan de fleurs claires brossées horizontalement à la volée.

      Cela aurait pu être une belle journée, pensai-je...

 

     

      En ce dimanche matin, Lautrec était d'humeur joyeuse. En montant l'escalier menant au 3ème étage, on croisa un croque-mort. Cela nous fit beaucoup rire.

      Le critique d'art Albert Aurier, invité également, était déjà arrivé. Je lui étais reconnaissant de l'article élogieux qu'il avait publié dans le Mercure de France en janvier à mon sujet. A Saint-Rémy, je lui avais écrit une longue lettre pour le remercier et lui avais offert une étude de cyprès en lui faisant remarquer que je ne méritais pas un tel honneur. Je me sentais si inférieur comparé à d'autres artistes comme Monticelli ou Gauguin. Il fut ravi de voir mes toiles entreposées chez Théo et ne tarit pas de compliments sur leur qualité.

      Théo et Jo tentaient de cacher les traits de leurs visages fatigués. La maladie de Vincent Willem les avait épuisés. Malgré tout le déjeuner fut agréable. Nous étions entre amateurs d'art. L'essentiel de nos discussions porta donc sur nos projets d'expositions et les peintres avant-gardistes. Au dessert, Toulouse-Lautrec n'arrêta pas de blaguer sur le croque-mort croisé dans l'escalier.

 

     

      J'arrondis les nuages en pleine pâte et sabre le ciel vigoureusement d'un bleu sombre qui se grise par endroit au contact du blanc. Je réchauffe le bleu d'un soupçon d'ocre jaune. Je peins vite. Nerveusement. J'ai hâte d'en finir.

      Le ciel mouvant, lourd, reflète mon émotion intérieure...

 

     

      L'ambiance était chaleureuse lorsque tout se gâta soudainement.

      Une discussion animée s'engagea entre le couple Bonger et les époux Van Gogh. Théo voulait que son beau-frère s'installe au rez-de-chaussée de l'immeuble ce qui déplaisait à sa femme Annie. J'eus la malencontreuse idée de faire une remarque à Jo sur l'accrochage d'une toile de Prévost, La femme au chien, ce qui lui déplut visiblement.

      Les problèmes financiers dont Théo m'avait parlé dans sa récente lettre refaisaient surface. Jo et Théo souhaitaient déménager du troisième au premier étage pour pouvoir stocker mes toiles dans un appartement plus vaste. Mais la location de celui-ci était trop coûteuse.

      Le drame couvait...

      Après le départ de Toulouse-Lautrec et d'Aurier, la dispute entre Jo et Théo devint orageuse. Leur fatigue attisait une tension nerveuse qui ne demandait qu'à s'envenimer.

      Théo n'arrivait pas à résoudre ses problèmes d'augmentation de salaire avec ses employeurs Boussod et Valadon et voulait se mettre à son compte. Jo lui reprocha vertement de vouloir quitter la galerie : « Comment feras-tu pour faire vivre toute ta famille, lui lança-t-elle excédée ! ». Dans le même temps, elle m'avait regardé méchamment comme si j'étais le responsable unique de cette faillite. Le ton monta. Théo répliqua avec rage. Je savais qu'il n'aimait pas que l'on s'en prenne à moi.

      J'étais effondré. Ma nouvelle famille, que j'aimais tellement depuis leur récent mariage et l'arrivée du bébé, se déchirait par ma faute. Leur couple paraissait si harmonieux lors de leur dernière visite à Auvers début juin...

      L'atmosphère devint irrespirable lorsqu'ils m'annoncèrent qu'ils ne passeraient pas leurs vacances à Auvers ce mois-ci comme je l'espérais. Ils partiraient en Hollande présenter le bébé à leurs familles.

      J'étais au comble du désespoir, proche de la crise que je connaissais si bien. Je savais que mon ami Guillaumin devait passer dans la soirée pour me voir.

      Je regardai Théo douloureusement. Les difficultés minaient mon frère déjà fragile et souffrant. Il portait sur ses épaules un fardeau trop lourd pour lui. Je me sentais coupable de tout cela.

      J'avais mal. Il fallait que je parte.

      Je n'attendis pas Guillaumin, pris la valise que j'avais laissée près de la porte, prononçai un faible au revoir sous l'œil atterré de Théo et Jo, et sortis sans me retourner.

      En descendant l'escalier, je me dis que je ne savais même pas si Théo pourrait continuer à me faire parvenir les 150 francs mensuels habituels.

      

 

      Mes yeux embués distinguent à peine ma toile qui gigote dans un épais brouillard. Je ne sais plus à quoi elle ressemble.

      Instinctivement, je prends un pinceau pointu et pique quelques taches rouges au hasard. Des coquelicots...

      Je range mon matériel et me lève. Mon pas est incertain.

      Au loin, des nuages orageux se développent.

 

 A suivre...

Projet   Mise en oeuvre du projet  1. Le retour de Provence  2. L'auberge Ravoux   3. Un étrange docteur   4. L'installation dans le village   5. Martinez   6. Les marronniers  7. La famille Gachet   8. L'homme à la pipe   9. Le portrait du docteur Gachet  10. L'église d'Auvers  11. Ils viennent... 12. L'art de l'avenir   13. La halte de Chaponval    14. Jo   15. Théo  16. Un travail de forcené   17. La Grenouillère  18. Un nouveau locataire  19. Adeline Ravoux   20. Tom   21. Marguerite Gachet   22. Mauvaises nouvelles   23. Les yoles   24. Cité Pigalle

Commentaires

Contente de pouvoir continuer à lire en 2010, la suite de la vie précaire mais si riche en créativité de Vincent Van Gogh!! AÏE AÏE, il commence à culpabiliser et s'inquiète, ce n'est pas très bon pour lui!! Mais son ciel d'orage est magnifique!!! BISOUS FAN

Écrit par : FAN | 15 janvier 2010

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Ce dimanche 6 juillet a été très difficile pour Vincent qui pensait rester plusieurs jours chez son frère et est reparti en catastrophe.
Ses ciels sont parlants. J’ai souvent la sensation qu’ils veulent exprimer quelque chose que seul le peintre connaît.

Écrit par : Alain | 16 janvier 2010

J'ai appris en te lisant cette amitié entre Van Gogh et Lautrec, on en apprend tous les jours.

Écrit par : Louvre-passion | 16 janvier 2010

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Remarquable mise en scène que cet article !

D'abord, la toile que Vincent peint dans des conditions psychologiques que le texte, petit à petit, va nous faire découvrir ...

Cette toile qui, sans vouloir absolument faire du coquerico, ne peut que me rappeler des vers de Brel, extraits de l'admirable "Plat pays" :

"... Avec un ciel si bas qu'un canal s'est perdu
Avec un ciel si bas qu'il fait l'humilité ..."

Ensuite, le procédé romanesque, voire même cinématographique que tu emploies qui consiste à faire l'aller-retour entre l'atmosphère de la visite familiale, au départ si prometteuse, mais qui d'instant en instant se délite - et dont ce ciel, lourd, n'est que la terrible métaphore - et, précisément, les propres considérations de Van Gogh sur l'oeuvre qu'il termine.

Enfin, l'ambiance lourde des quatre dernières petites phrases : yeux embués, pas incertain et l'orage qui ne va pas là aussi manquer d'éclater ...

On pourrait penser que l'ajout de la note rouge éclatant des coquelicots apporterait une lueur d'espoir : mais non, tu insères ce terme, psychanalytiquement très puissant : "instinctivement" qui vient freiner le bonheur du rouge. Et dès lors, la teinte devient symbole, celui du sombre, de la douleur, du sang ... qui ne va pas tarder à mettre un point final à l'histoire.

Bravo pour ce crescendo littéraire que tu nous proposes aujourd'hui !


Tout autre chose : tu fais allusion ici au musée qu'Albi a consacré à Toulouse-Lautrec. Très belle présentation que cet espace albigeois : je le connais un peu dans la mesure où une année sur deux, depuis pas mal de temps maintenant, nous passons nos vacances de manière à déambuler entre Périgord et Aveyron, entre préhistoire et Moyen âge, en fait.

Et précisément, à très peu de kilomètres de la petite bergerie qui nous abrite dans l'Aveyron, se trouve un petit village qui s'appelle Camjac. Quelle ne fut pas notre surprise, la première fois que nous débarquâmes dans ce trou perdu, d'y découvrir la présence d'un château médiéval : le château du Bosc qui abrite une exposition permanente consacrée à l'enfance de Toulouse-Lautrec.
Beaucoup de touristes qui s'extasient au musée d'Albi doivent à mon sens sous-estimer ce petit joyau qu'est le Bosc où le peintre passa son enfance ... Cela peut paraître un peu suranné, un peu obsolète ; mais je t'assure qu'un petit détour par cet endroit perdu au milieu de moutons vaut vraiment la peine ...

Le hasard - ou plutôt le mauvais temps - a voulu qu'hier, mon épouse et moi, nous programmions notre séjour périgourdin et dans le Ségala en août prochain : après Bruges et surtout Prague, de nouvelles amours estivales en perspective ?

Au cas où tu ne le connaîtrais pas, permets-moi de t'en donner le lien ci-après ...

http://www.aveyron.com/seigneurs/bosc.html

Écrit par : Richard LEJEUNE | 18 janvier 2010

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C’est une très subtile analyse sur cet épisode dont la dramaturgie monte effectivement graduellement. La toile est aussi sombre que les pensées de Vincent. Et tu rajoutes les si beaux vers de Brel … je suis comblé !
Pour les coquelicots je n’y voyais pas du sang mais plutôt comme une sorte d’espoir au milieu de cette tristesse. Je tente toujours de rester optimiste dans la douleur. Mais ta vision est juste également.
Cette journée a marqué Vincent, être sensible. Mais la vie continue. Tout avait pourtant si bien commencé dans ce charmant village d’Auvers…
Tu es dans une forme resplendissante ces temps-ci entre ce long commentaire et ta réponse, non moins longue, sur notre discussion enflammée dans ton blog avec ton ami.
Je suis allé dans l’Aveyron il y a peu d’années. Je l’ai vu trop rapidement. J’ai retenu surtout l’abbaye de Conques et son trésor, petit joyau perdu dans les hauteurs et surtout Albi et son étonnante église extérieurement et intérieurement avec ses fresques fort bien restaurées ce qui est peu courant à ce niveau de conservation.
J’ai évidemment visité le musée Toulouse-Lautrec d'Albi que je voulais voir depuis si longtemps.
Je connais le site que tu m’indiques sur le château du Bosc. J’avais déjà vu ce site lorsque j’avais écrit le 17 mai 2007 un récit que tu as peut-être lu sur Toulouse-Lautrec, le Moulin Rouge et la Goulue : voir dans mes « Histoires de peinture », tu le trouveras facilement.
L’Aveyron est une très belle région pour des vacances, avec le Lot et le Tarn proches où il fait bon vivre. Moi, j’ai le tort d’aller trop souvent vers la mer. J’en ai besoin, avec le soleil, comme un poisson a besoin de son milieu naturel…
J’arrête. Comme toi, j’ai du mal à faire court lorsque j’écris.

Écrit par : Alain | 18 janvier 2010

Réponse à Louvre-passion :

Lautrec et Van Gogh était effectivement très amis. Ils s’étaient connus au cours Cormon à Paris et se revoyaient souvent dans des réunions, des expositions ou des sorties parisiennes nocturnes… Lautrec avait même failli se battre une fois pour défendre une toile de Van Gogh.
Je reparlerai de Lautrec dans un prochain épisode.
Voir l’excellent site consacré à Toulouse-Lautrec : http://www.toulouselautrec.free.fr/

Écrit par : Alain | 18 janvier 2010

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Merci de votre visite sur mon blog, ça fait toujours plaisir d'y retrouver de vieille connaissance de blogueur. Votre verve pour raconter Vincent est toujours aussi époustouflante. Malheureusement mon état de santé ne s'améliorant pas, je ne peux pas vous suivre comme je le désirerais et entrer en discussion avec vous et Richard. Vous avez une facilité d'écriture tous les deux qui m'époustoufle et que je suis avec grand plaisir. Cela du bien de voir qu'il existe encore des personnes qui maîtrisent parfaitement notre belle langue.

Amicalement Colette

Écrit par : colette | 25 janvier 2010

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C’est vrai Colette, que l’on écrit de moins en moins dans ce français que l’on aime.
Depuis que j’écris des textes, je m’aperçois que nous avons une grande chance de posséder une langue d’une telle richesse pour exprimer sa pensée.
Richard aussi l’utilise facilement. Il emploie même souvent des mots que je ne connais pas. Un ancien prof…
Merci d’être venue. Si vous ne suivez pas tous mes épisodes, ce n’est pas grave car on peut en sauter. Il est vrai que je suis un peu long… Envoyer une histoire romancée dans un blog où la lecture est censée être rapide, n’est pas évident.
Courage Colette, les beaux jours reviennent ! Cette période de l’année est toujours difficile à vivre pour tout le monde. J'en sais quelque chose ! Je suis sûr que notre soleil salvateur va vous rendre la forme.

Écrit par : Alain | 25 janvier 2010

Bonsoir Alain

C'est dans la détresse de Vincent que je comprends
la puissance de son talent
Je ne peux pas expliquer pourquoi
mais les deux sont liées
Je sens ce bouillonnement fondamental
venu du plus profond de l'être
Je peux même ressentir que cette puissance "ronge" son corps
Mais que ce n'est pas si grave, je veux dire si important.
Ce qu'il nous a laissé le valait bien.
Je crois qu'il serait d'accord, si il devait refaire le chemin et payer à nouveau ce prix.
Il n'aurait aucune hésitation même en connaissant sa fin.
C'est cela avoir un destin inéluctable.
C'est la définition même du mot tragédie

A bientôt
Jacky

Écrit par : Jacky | 25 janvier 2010

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Nous avons tous plus ou moins ce bouillonnement intérieur dans tu parles. C’est la difficulté existentielle des humains face à la vie. Même les hommes des cavernes le ressentaient. J’exagère à peine…
Je ne crois pas trop aux artistes maudits et à un destin inéluctable qui fait qu’ils doivent payer pour devenir des grands. Léonard de Vinci ou Raphaël n’ont pas souffert pour être ce qu’ils étaient.
Vincent avait surtout des problèmes financiers et un style de peinture qui tardait à être compris. S'il est reconnu universellement aujourd’hui c’est, pour moi, uniquement grâce à son génie personnel, sa grande sensibilité, et au travail intense qu’il effectuait pour exprimer ses qualités.
Bonne journée

Écrit par : Alain | 26 janvier 2010

Bonsoir Alain

Je voudrai compléter mon commentaire précédent
au vu,de ta réponse.
Moi, non plus je ne crois pas aux artistes maudits
Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire
Picasso eut une vie trés agréable et fut trés à l'aise financièrement.
Tout les géants de l'art ne sont pas "Modigliani"non plus.
Mais je ne peux pas être d'accord avec toi quand tu dis qu'il est question de génie
de sensibilité et de travail intense.
C'est vrai, qu'il existe des codes de compréhension et d'analyse de l'art
Voir à ce sujet l'excellent blog de Chantal flury
http://chantalflury.unblog.fr/2010/01/
Je trouve ces articles sur le processus de création trés clairs.
Cependant ...

Tu sembles ne pas faire de lien avec le gigantisme de l'émotion
que suppose une telle dimension artistique
L'essence de ces êtres là est trop complexe.

J'attire ton attention sur un fait indiscutable
Ils étaient, ils sont et ils seront... à part..!
Cela veut dire que leur oeuvre a ouvert aux yeux de l'humanité
une dimension d'éternité

C'est dans ce sens que je situe leur destin inéluctable

Pour Vincent et pour la même raison, je ne peux dissocier
un seul moment de sa vie de sa création.
C'est dans ce sens que sa souffrance
est liée à cette magnifique tragédie
C'est comme çi je disais...

Ils ne sont pas nés par hasard
Ils sont... l'histoire de l'art !
Comment ne pas constater une énorme
interrogation métaphysique en cotoyant de tels artistes ?

Merci de ton travail
et à bientôt

Jacky

Écrit par : Jacky | 29 janvier 2010

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Je n’avais pas bien compris ton commentaire. Je pensais que tu faisais un lien évident entre la détresse du peintre et son talent exceptionnel car il existe beaucoup d’écrits allant dans ce sens.
Les grands artistes sont effectivement des êtres à part. Ils ont un talent personnel et une sensibilité exacerbée. Mais sans un travail inlassable de tous les instants ils ne seraient certainement pas devenus ce qu’ils sont.
Leur œuvre a effectivement une dimension d’éternité. Ils nous laissent à penser et à voir et cela nous enrichit.
Je ne vais pas aussi loin que toi dans le « gigantisme de l’émotion » mais c’est un peu pour remercier Vincent de ses tableaux qui me touchent et que je montre que j’écris cette histoire. Apprécierait-il ? Je n’en sais rien.

Écrit par : Alain | 30 janvier 2010

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