27 août 2009
Le sang des chaînes
Une aide bien modeste...
Je suis heureux de participer à faire connaître un blog dont le propriétaire vient de publier son premier recueil de nouvelles - Le sang des chaînes - le 17 août dernier.
Je m'attarde parfois à lire ses nouvelles et descriptions de paysages qui expriment toujours une grande sensibilité.
C'est de la belle écriture comme je l'aime.
Le lien que je fais sur l'article qu'il a écrit le jour de la publication du livre vous permettra de faire connaissance :
Alain
08:48 Publié dans Histoires diverses (5) | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : écriture
09 mars 2009
Ode aux femmes
Je ne peux résister au plaisir de faire connaître un blog de talent qui publie régulièrement des écrits d'une grande sensibilité poétique qui me touchent souvent :
http://bullesetmots.blogspot.com/
Elle ne m'en voudra certainement pas de vous montrer le dernier texte qu'elle vient de publier qui est un hommage vibrant à toutes les femmes :
A toutes les femmes ...
A mère, à ma grand-mère, qui furent les premières femmes de ma vie, sans doute mes références, malgré d’autres envies …
A ma fille, ma petite fée, mon autre moi-même, ma presque réincarnation, mon prolongement, mon espoir en demain …
A ma belle-fille, qui m’a donné mon autre petite merveille, mon bébé sourire, ma princesse de l’aurore, promesse de vie …
A mes amies, celles qui cheminent avec moi depuis longtemps, celles que j’ai perdu en cours de route, celles qui ont traversé ma vie en laissant leur trace, celles que je rencontrerai encore …
A celles qui ont déjà pris l’ascenseur vers les petits nuages blancs, mais reviennent souvent, fantômes légers, hanter les allées de ma mémoire …
A mes institutrices et mes professeurs, qui m’ont fait découvrir la beauté des mots, le pouvoir de la lecture, la paix studieuse des bibliothèques …
A ces relations dites virtuelles, qui parfois sont plus proches de moi que des voisins …
A ces cuisinières qui ont inventé ou collectionné toutes ces recettes que j’aime expérimenter …
A celles qui ont été des pionnières et à celles qui timidement suivent le mouvement …
A celles que j’apprécie et à celles que je ne sais pas apprécier …
A mes collègues passées et présentes avec qui je partage les joies et les peines de mon travail …
A toutes ces inconnues qui offrent leur sourire, leur bonne humeur, leur aide bénévole …
A toutes les filles tendres et fortes, féministes et féminines de mon entourage … à celles qui se battent pour leurs sœurs … à celles qui les réconfortent …
A toutes celles qui ont moins de chance, qui connaissent la guerre, la misère, la violence, le deuil, le malheur … à celles là, tout particulièrement …
A toutes les femmes qui sont sur la brèche au quotidien, du matin au soir … qui aiment, qui nourrissent, qui lavent, qui travaillent, qui rient, qui pleurent, qui lisent, qui s’amusent, qui éduquent, qui vivent … tous les jours et pas seulement le 8 mars …
A vous toutes, je dis : JE VOUS AIME !!!
SW
12:59 Publié dans Histoires diverses (5) | Commentaires (6) | Envoyer cette note
22 avril 2008
Un poète ne meurt jamais...
Pour mon ami Daniel, habitant de Fort-de-France, et à tous les amoureux de poésies.
Merci Aimé Césaire

Extraits du Cahier d’un retour au pays natal – Aimé Césaire
Partir.
Comme il y a des hommes-hyènes et des hommes-
panthères, je serais un homme-juif
un homme-cafre
un homme-hindou-de-Calcutta
un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas
l'homme-famine, l'homme-insulte, l'homme-torture
on pouvait à n'importe quel moment le saisir, le rouer
de coups, le tuer - parfaitement le tuer - sans avoir
de compte à rendre à personne sans avoir d'excuses à présenter à personne
un homme-juif
un homme-pogrom
un chiot
un mendigot
mais est-ce qu'on tue le Remords, beau comme la
face de stupeur d'une dame anglaise qui trouverait
dans sa soupière un crâne de Hottentot ?
Je retrouverais le secret des grandes communications et des grandes combustions. Je dirais orage. Je dirais fleuve. Je dirais tornade. Je dirais feuille. Je dirais arbre. Je serais mouillé de toutes les pluies, humecté de toutes les rosées. Je roulerais comme du sang frénétique sur le courant lent de l'oeil des mots
en chevaux fous en enfants frais en caillots en couvre-feu en vestiges de temple en pierres précieuses assez loin pour décourager les mineurs. Qui ne me comprendrait pas ne comprendrait pas davantage le rugissement du tigre.
Et vous fantômes montez bleus de chimie d'une forêt de bêtes traquées de machines tordues d'un jujubier de chairs pourries d'un panier d'huîtres d'yeux d'un lacis de lanières découpées dans le beau sisal d'une peau d'homme j'aurais des mots assez vastes pour vous contenir
et toi terre tendue terre saoule
terre grand sexe levé vers le soleil
terre grand délire de la mentule de Dieu
terre sauvage montée des resserres de la mer avec
dans la bouche une touffe de cécropies
terre dont je ne puis comparer la face houleuse qu'à
la forêt vierge et folle que je souhaiterais pouvoir en
guise de visage montrer aux yeux indéchiffreurs des hommes
Il me suffirait d'une gorgée de ton lait jiculi pour qu'en toi je découvre toujours à même distance de mirage - mille fois plus natale et dorée d'un soleil que n'entame nul prisme - la terre où tout est libre et fraternel, ma terre.
Partir. Mon coeur bruissait de générosités emphatiques. Partir... j'arriverais lisse et jeune dans ce pays mien et je dirais à ce pays dont le limon entre dans la composition de ma chair : « J'ai longtemps erré et je reviens vers la hideur désertée de vos plaies ».
Je viendrais à ce pays mien et je lui dirais : « Embrassez-moi sans crainte... Et si je ne sais que parler, c'est pour vous que je parlerai ».
Et je lui dirais encore : « Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir. »
Et venant je me dirais à moi-même : « Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle, car une mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse... »
Eia pour la joie
Eia pour l'amour
Eia pour la douleur aux pis de larmes réincarnées
Et voici au bout de ce petit matin ma prière virile
que je n'entende ni les rires ni les cris,
les yeux fixés sur cette ville que je prophétise, belle
donnez-moi la foi sauvage du sorcier
donnez à mes mains puissance de modeler
donnez à mon âme la trempe de l'épée
je ne me dérobe point. Faites de ma tête une tête de proue
et de moi-même, mon cœur, ne faites ni un père, ni un frère
ni un fils, mais le père, mais le frère, mais le fils,
ni un mari, mais l'amant de cet unique peuple.
Faites-moi rebelle à toute vanité, mais docile à son génie
comme le poing à l'allongée du bras !
Faites-moi commissaire de son sang
faites-moi dépositaire de son ressentiment
faites de moi un homme de terminaison
faites de moi un homme d'initiation
faites de moi un homme de recueillement
mais faites aussi de moi un homme d'ensemencement
faites de moi l’exécuteur de ces œuvres hautes
voici le temps de se ceindre les reins comme un vaillant homme
Mais les faisant, mon cœur, préservez-moi de toute haine
ne faites point de moi cet homme de haine pour qui je n'ai que haine
car pour me cantonner en cette unique race
vous savez pourtant mon amour tyrannique
vous savez que ce n'est point par haine des autres races
que je m'exige bêcheur de cette unique race
que ce que je veux
c'est pour la faim universelle
pour la soif universelle
la sommer libre enfin
de produire de son intimité close
la succulence des fruits.
******
Ferrements - Aimé Césaire
mon peuple
quand
hors des jours étrangers
germeras-tu une tête tienne sur tes épaules renouées
et ta parole
le congé dépêché aux traîtres
aux maîtres
le pain restitué la terre lavée
la terre donnée
quand
quand donc cesseras-tu d'être le jouet sombre
au carnaval des autres
ou dans les champs d'autrui
l'épouvantail désuet
demain
à quand demain mon peuple
la déroute mercenaire
finie la fête
mais la rougeur de l'est au coeur de balisier
peuple de mauvais sommeil rompu
peuple d'abîmes remontés
peuple de cauchemars domptés
peuple nocturne amant des fureurs du tonnerre
demain plus haut plus doux plus large
et la houle torrentielle des terres
à la charrue salubre de l'orage
******
Calendrier Lagunaire in Moi, Laminaire – Aimé Césaire
J’habite une blessure sacrée
j’habite des ancêtres imaginaires
j’habite un vouloir obscur
j’habite un long silence
j’habite une soif irrémédiable
j’habite un voyage de mille ans
j’habite une guerre de trois cent ans
j’habite un culte désaffecté
entre bulbe et caïeu j’habite l’espace inexploité
j’habite du basalte non une coulée
mais de la lave le mascaret
qui remonte la calleuse à toute allure
et brûle toutes les mosquées
je m’accommode de mon mieux de cet avatar
d’une version du paradis absurdement ratée
-c’est bien pire qu’un enfer-
j’habite de temps en temps une de mes plaies
chaque minute je change d’appartement
et toute paix m’effraie
tourbillon de feu
ascidie comme nulle autre pour poussières
de mondes égarés
ayant crachés volcan mes entrailles d’eau vive
je reste avec mes pains de mots et mes minerais secrets
j’habite donc une vaste pensée
mais le plus souvent je préfère me confiner
dans la plus petite de mes idées
ou bien j’habite une formule magique
les seuls premiers mots
tout le reste étant oublié
j’habite l’embâcle
j’habite la débâcle
j’habite le pan d’un grand désastre
j’habite souvent le pis le plus sec
du piton le plus efflanqué-la louve de ces nuages-
j’habite l’auréole des cétacés
j’habite un troupeau de chèvres tirant sur la tétine
de l’arganier le plus désolé
à vrai dire je ne sais plus mon adresse exacte
bathyale ou abyssale
j’habite le trou des poulpes
je me bats avec un poulpe pour un trou de poulpe
frères n’insistez pas
vrac de varech
m’accrochant en cuscute
ou me déployant en porona
c’est tout un
et que le flot roule
et que ventouse le soleil
et que flagelle le vent
ronde bosse de mon néant
la pression atmosphérique ou plutôt l’historique
agrandit démesurément mes maux
même si elle rend somptueux certains de mes mots
******
Prophétie - Aimé Césaire
là où l'aventure garde les yeux clairs
là où les femmes rayonnent de langage
là où la mort est belle dans la main comme un oiseau
saison de lait
là où le souterrain cueille de sa propre génuflexion un luxe
de prunelles plus violent que des chenilles
là où la merveille agile fait flèche et feu de tout bois
là où la nuit vigoureuse saigne une vitesse de purs végétaux
là où les abeilles des étoiles piquent le ciel d'une ruche
plus ardente que la nuit
là où le bruit de mes talons remplit l'espace et lève
à rebours la face du temps
là où l'arc-en-ciel de ma parole est chargé d'unir demain
à l'espoir et l'infant à la reine,
d'avoir injurié mes maîtres mordu les soldats du sultan
d'avoir gémi dans le désert
d'avoir crié vers mes gardiens
d'avoir supplié les chacals et les hyènes pasteurs de caravanes
je regarde
la fumée se précipite en cheval sauvage sur le devant
de la scène ourle un instant la lave de sa fragile queue
de paon puis se déchirant la chemise s'ouvre d'un coup
la poitrine et je la regarde en îles britanniques en îlots
en rochers déchiquetés se fondre peu à peu dans la mer
lucide de l'air
où baignent prophétiques
ma gueule
ma révolte
mon nom.
15:29 Publié dans Histoires diverses (5) | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : poésie, aimé césaire
30 mars 2008
Balade au Louvre
Une belle journée (samedi 22 mars 2008)
La pyramide scintillait de toutes ses facettes lorsque nous fîmes connaissance. Louvre-passion avait préparé cette visite de blogueurs depuis plusieurs mois déjà et 9 personnes étaient réunies, un peu perdues au milieu de cette foule déjà nombreuse et pressée.
Je donne le nom des blogs dans un ordre aléatoire : Louvre-passion ; Lunettes rouges ; L’opéra farfelu ; Détours des mondes ; Si l’art était conté ; De l’art à l’œuvre. Que des passionnés…

L’organisateur de notre expédition a affiché sur son blog une photo du groupe en laissant planer un mystère sur nos visages « dévoilés ». Dans les premiers commentaires qu’il a reçus, j’ai constaté que, évidemment, il était bien difficile de trouver qui était qui, d’autant que nous étions 9 personnes pour 6 blogs.
Allez, en ce qui me concerne, je vous aide un peu !… Sur la photo, je porte des lunettes et je tiens un objet… Facile, vous avez déjà trouvé un blogueur !
Il l’avait bien préparé sa visite, Louvre-passion ! Et il le connaît son Louvre ! Il nous a tout fait : couloirs tortueux, escaliers en colimaçon, galeries sans fin, chemins de traverse, salles immenses. Que du beau et du bon !
Puisque, dans son blog, Louvre-passion a déjà conté l’essentiel de notre balade (ainsi que dans le blog De l’art à l’œuvre), je me contenterai de quelques coups de cœurs. Il y en a beaucoup, je vais donc me limiter à quelques-uns :

- En premier, le cours magistral de Lyliana de Détours des mondes, dans le Pavillon des sessions, l’antenne du musée des arts premiers du quai Branly. Pour un néophyte en arts premiers comme moi, j’eus, par moment, l’impression de connaître intimement ces statuettes, masques colorés, êtres grimaçants, tête en pierre de l’île de Pâques au regard lointain.
- Le sourire énigmatique de la Joconde étant inapprochable, je pus vérifier que le fameux « sfumato » de Léonard ne s’était pas dissipé sur le
visage de son Saint Jean-Baptiste, plus accessible.
- L’impressionnante reconstitution du monastère de Baouit de l’Egypte Copte, agrémentée des commentaires éclairés de Louvre-passion.
- Le chapiteau monumental d’une colonne de la salle d’audiences du palais de Darius 1er. Il suffit de voir les gens sur la photo pour se
rendre compte de ce que devait être ce lieu à l’origine qui comportait 36 colonnes comme celle-ci…
- La statue humaine la plus ancienne du musée (7000 ans avant J.C.), étrange personnage en plâtre au nez pointu, au corps sans hanches, ressemblant aux pâtes à modeler que l’on faisait étant enfant.

- La Vénus de Milo toujours aussi séduisante, même sans bras.
- La Pietà de Villeneuve lès Avignon par Enguerrand Quarton, peintre provençal du milieu du 15e siècle. Voir le blog de Au fil de l’art qui en fait une formidable analyse.

- Le Saint Joseph charpentier de Georges de la Tour, dont le clair-obscur animé par la lueur dansante d’une bougie traversant la main d’un enfant me ravit à chaque visite.

Une petite halte :
C’est toujours le même problème au Louvre. On voudrait tout voir et, finalement, l’on ne voit que peu de choses. Il n’y a que des chefs-d’œuvre et l’on passe souvent au pas de course devant des toiles ou objets qui doivent s’interroger sur les raisons d’une telle indifférence pressée.
Un seul regret… Etant dans l’aile Richelieu, nous n’avons pas eu le temps de pousser jusqu’au Siècle d’or des peintres hollandais du 17e et revoir une nouvelle fois les deux seuls Vermeer que la France possède. Enfin… je les connais si bien.
Nous faillîmes perdre quelques blogueurs. Heureusement, on les retrouva sain et sauf. Mais ils auraient pu disparaître à tout jamais dans ce Louvre immense. Les gardiens du musée les auraient peut-être vu errer le soir, tel Belphégor, dans de sombres couloirs.
Un petit restaurant sympa, face au musée, nous permit de retrouver le calme, de reprendre des forces et de faire mieux connaissance. L’on put parler autrement que virtuellement devant un ordinateur et ce fut très agréable. La Dragonne de L'opéra farfelu, ma voisine de table, fut à l'image de son blog : inattendue et drôle.

Nous nous séparâmes en milieu d’après-midi.
Incité par un soleil discret et un état de fraîcheur inattendu, devinez ce que je fis ensuite ?... Je suis retourné au Louvre voir l’expo « Babylone » qui venait de commencer.
En rentrant le soir, fatigué, je ne pus que dire à ma femme en franchissant le seuil de la porte : « Ce fut une belle journée ! ».
Alain
Photos: Louvre-passion et Alain
16:57 Publié dans Histoires de musées (6), Histoires diverses (5) | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : louvre, écriture, arts premiers, art grec, art oriental
23 mars 2008
Un an déjà...

Ben oui, je viens de m'apercevoir que c'était mon anniversaire ! J'ai hésité un moment... puis, allez... exceptionnellement, je me le souhaite !
Il ne s’agit pas de mon anniversaire en âge. Celui-là, j’évite de le fêter. Je ne trouve pas cela drôle de prendre un an dans la face. En général, j’accepte les fleurs (je les adore) mais pas les gros gâteaux dégoulinant de bougies qu’il faut souffler d’un bloc pour montrer la puissance juvénile de ses poumons…
Vous avez compris ! Il y un an, ce mois, je publiais mon premier article. Je parlais d'une histoire vraie que j'avais vécue au Louvre et qui était consacrée à mon meilleur ami : Vermeer (encore). Et puis, lentement, les articles se sont enchaînés. Seulement 18. C’est peu, mais retrouver une ambiance, des couleurs, un parfum ancien, et tenter de les faire revivre, prend du temps.
Mon souhait en créant ce blog était : faire connaître ou montrer différemment certains tableaux, ressusciter des artistes disparus. Ai-je réussi ? Vous seuls pouvez le dire.
Je m’autorise une demi-bouteille de champagne que je partage avec ma femme. Une brise soudaine vient de ravir quelques bulles qui se sont échappées dans l’espace. Le malin zéphyr trouvera bien sur son chemin des blogs amis pour les déposer.
Alain
12:37 Publié dans Histoires diverses (5) | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : anniversaire

